Retour en mer et cap au Sud !

Notre escale nord-africaine prend fin et c’est avec envie que nous remettons le cap au large pour notre toute première longue navigation. Au programme plus de quatre jours de mer avant de toucher de nouveau terre aux Canaries dans l’unique mouillage possible sur l’île quasi déserte de Graciosa.

dsc_1069

Départ de Rabat derrière notre bateau pilote qui nous guide entre les bancs de sable

Il est des moments où l’on se demande pourquoi on voyage sur un voilier à l’heure des vols long-courrier tout confort… Voilà sans doute l’interrogation principale qui aura tordu l’estomac de Laure durant les quatre jours qu’aura duré la traversée du Maroc vers les Canaries ! Allez savoir, la mer était pourtant docile et notre décision de repousser notre départ de Rabat pour attendre les vents portants d’un anticyclone fut judicieuse. En plus, cela nous a largement laissé le temps de profiter de l’ambiance marocaine. Un dernier saut dans le souk de Salé (indiscutablement mon pref’) pour acheter des produits frais — grenades, avocats, clémentines, poivrons, œufs, pain, dates, fruits secs, olives multicolores — et c’est parti. À l’étale, nous suivons sagement le bateau pilote dans le lit du Bouregreg, un petit signe aux surfeurs désoeuvrés attendant le retour des vagues au pied de la Casbah et nous voilà reparti, cap au sud !

Vite, on sort toute la garde-robe de Lolito. La grande voile est hissée et la centaine de mètres carrés du code D capte le moindre souffle. Toutes voiles hautes nous filons vers le large. Objectif : prendre le maximum de distance avec la bande côtière envahie de filets dérivants et de barques de pêcheurs… L’idée fut bonne, mais la distance prise avec la côte – une dizaine de milles – insuffisante. Du coup, veille très attentive durant les deux

dsc_1117

Sympa les pêcheurs marocains, mais un peu stressant la nuit…

premières nuits de notre navigation, zigzag obligatoire entre les pêcheurs et leurs filets heureusement équipés de balises lumineuses. Au final : rien à signaler dans le sillage de Lolito, mais une belle frayeur avec un demi-tour à 180° dans la nuit noire pour éviter un premier filet dérivant et un long détour au large d’Essaouira pour en contourner un second. Un évitement facilité par les pêcheurs venus nous guider dans ce labyrinthe nocturne. Choukrane !
Bref, autant vous dire qu’une fois la côte marocaine laissée derrière nous fûmes un brin soulagés ! Avec le grand large, c’est aussi le brouillard, si caractéristique de la navigation le long du Maroc qui nous quitte et y’a pas pire que le brouillard pour naviguer. On ne voit rien, on a froid et on est tout mouillé ! Nous retrouvons enfin des conditions de navigation tranquilles : un vent régulier nous assurant une belle moyenne et de rares croisements avec d’autres navires tous détectés par notre AIS (pour les fans, explication technique plus tard 🙂 ).

dsc_1141À bord, la vie de patachon s’organise : sieste, lecture, sieste, repas, sieste, jeu, sieste goûter, sieste, sieste… pour Laure c’est la Lutte finale, le mal de mer n’aura pas le dernier mot ! Ah si, on fête les 7 ans de Line, waouh déjà… et on pêche une bonite. Line pâlit « Encore du poisson… » et retourne à ses nouveaux jouets ; Milo jubile « Encore du poisson ! ». Pour la paix du bord, je lève les filets, les stock pour plus tard et fait cuire des pâtes ! Joie.
Comme prévu, le vent nous lâche à la mi-journée du troisième jour. Lolito s’immobilise comme sur un immense miroir liquide. C’est l’heure pour l’équipage de faire trempette avant de se laisser porter docilement par le courant des Canaries. Après-midi trannnnnnnnnnquille durant laquelle nous renouons avec un grand soleil tel qu’on ne l’avait plus vu depuis les Baléares et fin de journée féérique la venue d’une bonne vingtaine de dauphins petits et grands. Pour une fois, ils nous rendent visite de jour alors que tout le monde est réveillé. « Branle-bas ! Matelots, tous sur le pont ! Vite ! Là à bâbord ! Ici sur tribord ! Non, non là derrière !! Et devant aussi viiiiiiiite, là ils sauuuuutent !! » Euphorie, surexcitation. Bonheur.

La dernière nuit, nous avançons au moteur, puis à la voile, mais au près. Des conditions moins agréables, mais il fallait ça pour voir se dessiner au petit matin les silhouettes noires des îles volcaniques d’Alegranza, de Graciosa et de Lanzarote ! Après 485 milles, trois jours, quatre nuits et seize heures en mer (notre record), nous voilà arrivés aux Canaries. Rarement l’annexe n’aura été gonflée si vite et à midi nous pique-niquons à Graciosa sur la plage de Francesca au pied d’un volcan. Extase.

dsc_1197

TERRE !!! L’île de Graciosa est en vue au petit matin du quatrième jour !

dscf6132

Playa Francesca, terre d’asile pour Laure qui retrouve enfin le plancher des vaches ! 🙂

Publicités

6 réflexions sur “Retour en mer et cap au Sud !

  1. Au milieu de la grisaille parisienne de novembre, ces rebondissements ensoleillés sont parmi les meilleures évasions possibles !
    Merci pour ce récit et les autres, et courage aux estomacs malmenés, que ce soit par le mal de mer ou les poissons…
    Bonne suite de périple

    Aimé par 1 personne

  2. Un très bel anniversaire ma Linette !!! Pfffff qu’est-ce qu’elle est belle la princesse !!!! Bon bah encore un article qui fait rêver à tout point de vue !!! excepté les petits désagréments de Laure !!!
    Rhoooo mais quel pied !! Franchement !! des bisous à tout l’équipage

    Aimé par 2 personnes

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s