Sodade…

C’est un rendez-vous familial très très attendu par les enfants qui nous pousse à rallier Mindelo sur São Vicente. Si Mindelo n’est pas la capitale du Cap Vert, elle n’en reste pas moins la grande ville des îles nord de l’archipel. C’est aussi la ville de naissance et de mort de Césaria Evora, et c’est enfin l’unique marina de l’archipel, lieu de ralliement et de préparation pour tous les plaisanciers s’apprêtant à traverser l’Atlantique.

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Nous avons quitté sans regret São Nicolau et mis le cap sur Mindelo en prenant néanmoins le temps de mouiller en face de l’immense, magnifique et unique plage de sable clair de l’île inhabitée de Santa Luzia. Ça nous change des plages noires volcaniques, même si ces dernières ont indiscutablement notre préférence.

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Cherchez bien… nous sommes sur l’image !

Mouillage forain le temps du déj’ à quelques encablures de la plage et séance de natation pour se rendre à terre… Un effort récompensé par la satisfaction de se retrouver seul sur cette interminable langue de sable fin. Sommes-nous les premiers à accoster ? Venons-nous de découvrir une nouvelle terre ? Évidemment non, mais on a quand même cette très nette impression d’être les premiers…

La parenthèse se referme, mais promis nous l’a rouvrirons très vite ! En entendant cap sur São Vicente pour un retour à la civilisation. Retour retardé, car tout à notre hâte de retrouver nos proches nous avons un peu oublié qu’ici la marée à un impact certain surtout entre les îles et qu’entre Santa Luzia et São Vicente les courants peuvent être très fort. Résultat, on a comme l’impression de se trainer lamentablement. Un sentiment vite confirmé par l’électronique du bord : si nous avançons à 6 nœuds en surface (par rapport à dsc_4453l’eau donc), notre vitesse GPS sur le fond (donc sur le sol, bref la terre!) est de 2 nœuds… Seule solution chercher des contre-courants ou au moins un courant plus faible en frôlant la côte, mais attention pas question de se prendre pour le Costa Concordia !

La progression s’accélère un peu et enfin nous nous dégageons du courant défavorable pour filer vers Mindelo. Arrivée nocturne dans la baie et échange d’une autre dimension avec la marina.

– Nous : « Mindelo, nous sommes un voilier de 12 mètres et nous aimerions accoster dans la marina » (classique)

– Eux : « Lolito, y’a la place pour toi »

… long, très long silence radio…

– Nous : « Heu… Mindelo, c’est super, mais on se met où ? »

– Eux : « tranquille, tranquille, je vais venir sur un petit bateau rouge »

On adore ! Et on reste tranquille, tranquille…

De fait, depuis que l’ARC – un énorme rallye transatlantique anglo-saxon – est parti, la marina est déserte et les places ne manquent plus. Tant mieux, nous arrivons dans une ambiance très détendue pour profiter pleinement de Mindelo.

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Musique !! 

La ville, pas mal décrié (« attention au vol à l’arraché, manque d’intérêt, etc.) est une escale que nous trouvons super sympa, bon enfant. La ville est un mélange étonnant de bâtiments d’époque coloniale plus ou moins entretenus, de commerces ultras modernes, de bars ambiance tropical et de marchés multicolores franchement sympathiques. Certes, à la nuit tombée l’ambiance change un peu, mais si l’on sait où traîner ses tongs alors on saura découvrir les p’tits clubs où entendre les nouveaux talents de la musique cap-verdienne. Le son y est excellent et plus varié que les très jolies rengaines de la diva aux pieds nus. Pourtant, « Sodade » reste le véritable hymne du pays et la chanson semble être un exercice obligatoire pour tout groupe qui se respecte ! Du coup, impossible d’y couper et depuis maintenant 10 jours me voici sifflotant la jolie complainte à longueur de ponton !!

Bon Mindelo à d’autres atouts en poche… au moins trois : son rhum pas mal du tout — produit en réalité sur Sao Nicolau —, son magnifique marché municipal aux poissons (tant pour les étales que pour sa décoration) et le restaurant Pica Pau incontournable (mais on n’en dit pas plus…). Après les rues pavées, les maisons colorées, les traces anciennes d’une riche ville coloniale et surtout la gentillesse des Cap-Verdiens finissent de nous convaincre que la rudesse de notre navigation depuis les Canaries pour rejoindre le Cap-Vert ne fut pas inutile !

Demain visite très attendue de Sao Atao, l’île voisine, ultra réputée pour ses reliefs vertigineux ! On vous tient au courant !

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