Take your time

Les Caraïbes… ça y est, nous y sommes depuis déjà un mois et demi et avons fait nôtre les devises locales. Si le très marketé « pas ni pwoblem » créole que l’on retrouve sur tous les t-shirts souvenir martiniquais fut adopté par l’équipage dés notre arrivée de transat, c’est l’expression des locaux de Sainte-Lucie et des Grenadines qui nous correspond le mieux: « Take  your time »… ah ça on le prend notre temps! Un temps qui semble inévitablement s’étirer… Bonheur!

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Bon n’allez pas croire que le rythme et la discipline à bord ce sont relâchés. Chaque matin, l’école ainsi que les tâches d’entretien de Lolito (n’oublions jamais qu’un bateau c’est une emmerde par jour!) continuent de marquer le début de nos journées, avant que nous puissions pleinement profiter des mouillages où nous plantons la pioche – notre ancre – et là, là alors, nous prenons tout notre temps !… Y compris pour actualiser le blog où les derniers postes ont été, reconnaissons-le, un brin laconique.

Depuis notre escale – à terre – en Martinique, nous avons donc repris la mer, cap au sud vers les Grenadines. En chemin, nous avons quand même mouillé à Sainte-Lucie. Juste le temps de se faire bouloter par des chauves-souris un plein régime de bananes entreposé dans des filets à l’extérieur : voilà sans doute le prix à payer pour se poser dans Marigot Harbour, un trou à cyclone*. Je m’explique ce n’est pas un mouillage sauvage et désert, puisque le lieu, véritable carte postale touristique a été depuis longtemps civilisé. Il reste quand même un mouillage au cœur de la mangrove, cette forêt aquatique typique des tropiques, abritant mille espèces animales, dont des volatiles en tout genre. CQFD : au cœur de l’enfer vert planquer vos bananes

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Lolito vu d’en haut … depuis un piton !

Dépiter nous quittons le mouillage le lendemain pour un second, moins enclavé dans la végétation, mais tout aussi exceptionnel : celui de la Soufrière au pied de deux immenses pitons devenus les symboles de Sainte-Lucie. Le mouillage ne laisse planer aucun doute: nous sommes bel et bien au pied d’un volcan. S’il reste invisible, certains signes ne trompent pas. En premier lieu, ces deux pitons vertigineux témoignent de l’intense activité volcanique passée (les pitons ne sont ni plus ni moins que d’ancienne cheminée de lave). Mais il y a aussi cette odeur de soufre portée par le vent sur le plan d’eau qui nous prouve que le volcan est toujours bel et bien actif! Mais où est-il ?  Il faut monter au-dessus de la ville de la Soufrière pour se rendre compte qu’il n’est nulle part… Volcan explosif – comme en Martinique – il n’en reste rien ou plutôt si : un grand trou au cœur de la montagne où bouillonne de grandes mares boueuses laissant s’échapper des fumeroles de soufre et de façon exceptionnelle des geysers de vapeur d’eau. (Nous n’en verrons pas). La visite du site permet aux enfants de compléter leurs connaissances sur les volcans : après les champs de lave à perte de vue de Lanzarote aux Canaries, les anciens dômes volcaniques du Cap Vert et les plages de sable noir, les voilà devant un « vrai » volcan… qui pue (Dixit Line) !

Quoi qu’il en soit, le site valait le détour. Nous abandonnons quand même dans notre sillage la Soufrière et plus généralement Sainte-Lucie pour entrer aux Grenadines. Une succession d’îles et d’îlots protégée par d’importants récifs de corail, baignée dans de magnifiques eaux turquoises… et non l’eau n’est pas rose aux grenadines

Les Grenadines et plus particulièrement les Tobago Cays incitent à prendre son temps: il dbi_7460suffit d’observer l’économie de geste des iguanes et tortue terrestre de Baradal, take your time. Il suffit de suivre à la nage les lents déplacements graciles des tortues marines, take your time. Il suffit de retenir son souffle devant le repaire d’une langouste bien décider à ne pas sortir de sous son rocher, take your time. Puis avec le déclin du soleil (vers 18h) tout s’accélère : c’est qu’il s’agit de préparer le dîner. Tandis qu’à bord on se rince, se lave, se rhabille, au-dehors la chasse est ouverte! Poursuivies par des hordes de carangues, des centaines de petits poissons sautent hors de l’eau. L’eau semble alors entrer en ébullition autour du bateau. À peine le temps de se remettre qu’un pélican se jette à l’eau sans dscf6584délicatesse, mais avec une redoutable efficacité tout comme une poignée de mouettes locales plus agiles encore tandis que semblant surveiller la scène une grande frégate noire se détache sur le ciel, planant au grès du vent, attendant son heure pour – elle aussi – chasser son dîner.

Avec la nuit, l’animation du plan d’eau par la faune locale cède la place à un théâtre d’ombre et de lumière. Le ciel, rarement complètement dégagé, car il y a toujours sous les tropiques de gros cumulus chargés de pluie qui de temps à autre nous arrose d’un grain aussi copieux qu’éphémère, projette sur nous des traits de lumière qui animent la végétation de l’île toute proche et donne une part de mystère aux autres voiliers mouillés à quelques encablures… Soyons honnêtes, le rhum à peine sucrée, citronné et additionné avec un demi-fruit de la passion participe au rêve!

*les trous à cyclone sont les recoins de la cote réputés pour leur protection naturelle contre les cyclones. Ils sont généralement au cœur de la mangrove, laquelle est composée de plusieurs milliers de palétuviers, dont les racines mi aérienne ni aquatique, et les branches très souples font office d’amortisseur contre le vent et les vagues. 

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9 réflexions sur “Take your time

  1. Hello les amis,

    Ah… L’eau des Tobago…

    Ici Ioda depuis les Saintes. Y serons jusqu’au 9, puis direction Rodney bay (Dominique) pour quelques jours, puis Marie Galante vers le 15 pour tester le jus de Cane local.

    Espérons vous recroiser dans ces parages.

    A bientôt, la bise,
    Fabian

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    • Hello Ioda ! On arrive enfin à se connecter ! Nous sommes aux Saintes après un passage à la Dominique et à Marie-Galante. Bref on a fait le même programme mais pas dans le même sens ! On reste aux Saintes encore 2 ou3 jours et on ira sous le vent de la Guadeloupe 4 ou 5 jours avant de partir … rien n’est sur encore pour la suite ! 😄 Mais je suis sûre qu’on se recroisera au hasard d’un mouillage ! Bizz à tous les 4 !

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  2. Vous devez en avoir marre de tous ces décors paradisiaques, toutes ces plages de sables blanc, ces eaux azurées voire transparentes. A force, trop de soleil, de plages, ça devient d’un banal et ne donne plus envie! Vous pouvez nous le dire que vous en avez marre et voulez regagner le froid glacial et la grisaille parisienne, si si vous pouvez! j’insiste!… non, vous êtes sûrs?! finalement, vous êtes bien là où vous êtes…je ne comprends pas! Aller, « Take your time » pour visiter les beaux trésors des Caraïbes et partager ces beaux moments avec nous. La bise à tous, vous êtes bien beaux! Mehdi et Sofia

    Aimé par 1 personne

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