La plus belle île de l’Atlantique…

… est Portugaise ! Le coup de coeur pour Flores, la plus occidentale des îles de l’archipel des Açores, est véritable et sincère. Sans aucun doute, le besoin vital de descendre enfin à terre après 12 jours de mer y est-il un peu responsable ; sans doute aussi le fait de revoir de la mousse, du lichen, des hortensias baignés dans leur manteau de brume rappelle-t-il un peu la maison que l’on a mine de rien hâte de retrouver.

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Quoi qu’il en soit, nous sommes comblés tant par le charme désuet du port de Lajes das Flores lové au pied d’une falaise – un petit entre soi de navigateurs bouclant leur boucle atlantique, quant ils ne reviennent pas d’horizon bien plus lointain – que par l’accueil bienveillant des Florentins (habitants de flores) et surtout par la beauté sauvage de ses paysages. Landes verdoyantes où pullulent milles espèces de… plantes vertes (!), parsemées d’anciens cratères devenus lacs, côtes volcaniques gardées par d’immenses falaises aux parois rendues vivantes par le ruissellement de dizaines de cascades et de milles sources d’eau douce. C’est que l’île est bien arrosée… c’est le moins que l’on puisse dire ! En revanche, dès que le soleil perce, sa chaleur permet de cultiver bananes, papayes, kakis et avocats… incroyables.

Pour nous, c’est au-delà du plaisir de découvrir une nouvelle île, une transition bienvenue entre les Bermudes – dernière escale tropicale – et l’arrivée programmée en Bretagne sud dans quelques semaines.

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Oceanotonie…

Si les jours ne se ressemblent pas, ici, au beau milieu de l’Atlantique, il est étonnant de voir comment les quarts de nuit semblent se répéter à l’infini…

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Quelle joie alors quand un navire apparaît enfin sur l’horizon rompant la monotonie de nos veilles obligatoires sur le pont à guetter une âme dans ce grand désert qu’est l’Atlantique. Car avouons le les rencontres sont rares, voir exceptionnelles. Depuis notre départ de Mindelo, nous avons perdu de vue les autres voiliers partis de concert avec nous, croisé un cargo qui faisait route sur le Brésil, surveillé avec attention un pêcheur japonais au beau milieu du parcours, aperçu un voilier français et observer un gros yacht de star faisant route vers les Antilles à une allure bien plus soutenu que la notre, le veinard ! Finalement seul un plaisancier allemand nous aura suivit toute une journée mais de si loin que seul sa trace sur l’écran de l’ AIS était repérable laissant l’horizon désert.
Bref les nuits se ressemblent, étoilées mais sans plus même si l’arrivée de la pleine lune qui risque à changé l’esthétique de nos quarts de nuit. En revanche, les journées sont toutes différentes. Il est étonnant de voir combien la mer à différents visages et à quelle vitesse elle change de mine.
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Rythme tropical

À tous ceux qui s’inquiètent ou s’impatientent : non, notre voyage ne s’est pas arrêté ; non, nous n’abandonnons pas la tenue du blog ; non, nous ne sommes pas passés en mode furtif pour échapper à l’actualité dans le monde. Seulement, le temps en voilier défile différemment et puis nous avons passé le tropique et touché les îles…

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Loin d’être encore « tropicalisé », nous nous adaptons doucement au rythme local – c’est une question de politesse (!) — enfin, quand bien même nous voudrions multiplier les billets sur le blog, il faut pour cela avoir une connexion Internet potable et ça, ce n’est pas toujours gagné ! Alors qu’avons-nous fait depuis notre départ de Lanzarote ? Nous avons navigué, tout simplement ! Parfois, contre le vent, parfois avec le vent pour nous, parfois dans la tempête, rarement par calme plat. Reprenons.
L’objectif était de rallier le Cap-Vert en partant de l’île de Fuerteventura aux Canaries. Une belle navigation d’une semaine poussée par les alizées, ces vents soufflant du nord-est. Évidemment, le jour J, ils n’étaient pas au rendez-vous et même franchement opposés à notre route vers le sud. Il a donc fallu attendre la bonne fenêtre météo pendant deux jours sur Gran Canaria avant de partir. Enfin, les alizées sont annoncées et le top départ est donné. Lolito devrait être poussé par 20 à 25 nœuds de vents vers l’archipel de Césaria Evora ! En réalité, nous serons catapultés vers l’archipel par des vents de 30 noeuds et plus. Plus clairement : on a eu du gros temps Lire la suite

Retour en mer et cap au Sud !

Notre escale nord-africaine prend fin et c’est avec envie que nous remettons le cap au large pour notre toute première longue navigation. Au programme plus de quatre jours de mer avant de toucher de nouveau terre aux Canaries dans l’unique mouillage possible sur l’île quasi déserte de Graciosa.

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Départ de Rabat derrière notre bateau pilote qui nous guide entre les bancs de sable

Il est des moments où l’on se demande pourquoi on voyage sur un voilier à l’heure des vols long-courrier tout confort… Voilà sans doute l’interrogation principale qui aura tordu l’estomac de Laure durant les quatre jours qu’aura duré la traversée du Maroc vers les Canaries ! Allez savoir, la mer était pourtant docile et notre décision de repousser notre départ de Rabat pour attendre les vents portants d’un anticyclone fut judicieuse. En plus, cela nous a largement laissé le temps de profiter de l’ambiance marocaine. Un dernier saut dans le souk de Salé (indiscutablement mon pref’) pour acheter des produits frais — grenades, avocats, clémentines, poivrons, œufs, pain, dates, fruits secs, olives multicolores — et c’est parti. À l’étale, nous suivons sagement le bateau pilote dans le lit du Bouregreg, un petit signe aux surfeurs désoeuvrés attendant le retour des vagues au pied de la Casbah et nous voilà reparti, cap au sud !

Vite, on sort toute la garde-robe de Lolito. La grande voile est hissée Lire la suite

La vie en mer et en images

Et nous découvrons Minorque !

Aux petites galères techniques inéluctables semble-t-il d’un tel projet, et à la nécessaire acclimatation à la vie en mer, succède le temps de la découverte d’un littoral exceptionnel. Minorque en guise de préface à notre année sabbatique… un bon choix.

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Lolito  (entre deux branches !) au mouillage dans Calla Macarelleta y calla Macarella, au sud de Minorque

Voilà bien une chose (très) rassurante, les navigations mêmes de plus de 20 heures se passent idéalement. Chacun trouve son rythme : Line et Milo jouent beaucoup au Lego, au Playmobile, apprennent à faire des nœuds, écoutent leur musique, leurs histoires, lisent et dorment. DSC_3334Pendant que de notre côté, on assure la veille, on bouquine et on assure nécessairement l’intendance. En revanche, nous sommes unanimes : quand la brise se lève et que le moteur est enfin réduit au silence, c’est un grand soulagement collectif ! Pour notre seconde grande traversée (après celle du golfe du Lion entre Port-Camargue et le cap Creus réalisé à 80 % au moteur), la fenêtre météo nous était bien plus favorable puisque la moitié de la navigation s’est faite à la voile. Soit dix heures sous grand-voile et code D à glisser sur une mer calme avec une grosse, très grosse surprise Lire la suite

Y viva la Catalone !

C’est le 8 août, pour mon anniversaire, que nous avons quitté Port Camargue et entamé notre voyage. Objectif : Barcelone. Nous partons vers 6 h du matin. Le temps est calme la mer plate, mais un fort coup de vent est annoncé pour le lendemain, alors pas question de trainer dans le golfe du Lion.

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Tout se passe bien pour cette première navigation, mais évidemment aucun de nous deux n’avait pensé à prendre un anti mal de mer et l’on n’y coupe pas : en début d’après-midi les enfants commencent à être nauséeux… Nous ça allait à peu près, mais après quelques heures tombe le gros coup de fatigue caractéristique ! Mon lot de consolation : c’est la fête que m’ont fait les dauphins à deux reprises en fin de journée en passant le Cap Creus ! Ça, plus le coucher du soleil… ça valait bien quelques nausées ! Lire la suite

Une première nav’ frileuse !

Avis de grand frais à fort coup de vent en cours, 7 à 8 entre Beauduc et Sicié. Fortes rafales. Mer peu agitée à agitée, localement forte entre Fos et Porquerolles.

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En cette fin du mois de janvier, la météo peut paraître peu engageante, mais une série de consultation auprès des navigateurs locaux. confirme qu’il existe bel et bien une fenêtre météorologique favorable pour effectuer en sécurité notre première navigation sur notre fier Feeling 416. L’objectif est de rallier Fréjus depuis Port-Saint-Louis du Rhône : 116 milles à parcourir en profitant d’une queue de mistral qui nous poussera à vive allure vers notre destination avant qu’une bascule au nord-est dans la nuit ne nous oblige à remonter face au vent sur la fin de parcours. Le fenêtre est étroite : il nous faut partir dès que le mistral faiblit un peu — tout au moins les rafales — en fin de journée pour parcourir le maximum de distance avant que le vent ne tourne, offrant alors des conditions sans doute moins musclées, mais nettement plus inconfortables. Lire la suite